Le Triangle de Bir Tawil

Posted by Julien Gremillot, Jeudi, 19 novembre 2009

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Alors que l’Histoire est pleine de conflits entre des pays qui se disputent la propriété d’un territoire, il existe un endroit dans le monde1 qui n’est pas désiré par aucun des pays qui l’entourent, au point que ceux-ci sont persuadés qu’il devrait appartenir à leur voisin plutôt qu’à eux.

Ce territoire non-triangulaire, c’est le Triangle de Bir Tawil, situé aux frontières de l’Égypte et du Soudan, qui n’est réclamé par aucune de ces nations, et identifié par les frontières en pointillés sur Google Maps.

Bir Tawil Bir Tawil

Si l’on considère qu’il ne s’agit que de 2.000 km2 de sable et de roche, ce n’est pas forcément étonnant qu’aucun des pays ne soit particulièrement intéressé par sa propriété, mais qu’est-ce qui fait qu’il est même rejeté ? Le secret réside dans la continuité des frontières vers l’est et le nord-est, qui rencontrent une plus grande zone (presque 6.500 km2) appelée le Triangle d’Hala’ib2, qui est à peine plus triangulaire par sa forme que celui de Bir Tawil.

Hala'ib Hala'ib

Notez que la frontière vers l’ouest du Triangle de Bir Tawil est tracée d’un trait solide. C’est la ligne de latitude du 22°, la frontière politique entre l’Égypte et le Soudan qui a été définie en 1899. L’Égypte déclare que cette frontière devrait courir directement vers la Mer Rouge, lui donnant la propriété du Triangle d’Hala’ib, tandis que le Soudan récupèrerait le plus petit Triangle de Bir Tawil.

Le Soudan quant à lui, préfère considérer la frontière plus compliquée établie en 1902 qui pourrait inverser la propriété de ces deux parcelles. Cette frontière avait été tracée parce que les peuples de Bir Tawil étaient d’origine égyptienne, tandis que ceux d’Hala’ib étaient de descendance soudanaise, notamment dans la ville d’Hala’ib, la seule colonie habitée de la région.

Hala'ib

En gros, personne ne veut réclamer la zone de Bir Tawil car cela signifierait abandonner la plus grande part du gâteau : le Triangle d’Hala’ib, son accès à la Mer Rouge et des site pétrolifères potentiels. Dans cette situation tendue, l’Égypte a administré la plus grande zone depuis 1990, mais le Soudan a stationné des forces armées là-bas jusqu’en 2000, et continue de réclamer la restitution du territoire.

Ce qui a entrainé la création d’un poste frontière sur la latitude du 22°, où elle est croisée par une grande route, alors que rien de semblable n’existe sur cette même route lorsqu’elle croise l’autre frontière un peu plus au nord.

Hala'ib Hala'ib

Le Triangle de Bir Tawil n’a pas de routes, mais les photos satellites en haute définition nous montrent le passage de quelques véhicules qui ont laissé des traces bien visibles dans le sable – à des endroits où l’on peut trouver de l’eau, à en juger par les quelques arbres dispersés. Peut-être autour de ce “Moulin à Eau” qui a donnée son nom à la région.

Bir Tawil

Plus d’informations sur l’excellent blog anglophone Strange Maps (traduction automatique).


  1. L’Antarctique n’est pas non plus réclamé par aucun pays, mais il s’agit d’un traité international plutôt que de l’indifférence. 

  2. Aussi appelé Halayeb. 

Arrivée de Streetview au Mexique et à Hawaï

Posted by Julien Gremillot, Mardi, 17 novembre 2009

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Voilà encore une belle mise à jour pour Street View malgré les procès en Suisse suite à l’ouverture du service.

La grande nouvelle, c’est surtout l’arrivée de nouveaux territoires dans les photos disponibles : le Mexique et Hawaï ! Google a aussi ajouté de nouveaux endroits dans des pays déjà couverts, comme les Pays-Bas et l’Espagne.

Mexique

Au Mexique on peut maintenant parcourir les rues des villes de Monterrey, Guadalajara, Mexico City, Puerto Vallarta, Playa del Carmen, Cozumel et Cancun ! Nous avons déjà pu aller visiter la célèbre Pyramide de Teotihuacan, avec ses touristes au sommet.

On peut aussi y voir la plus grande arène du monde.

et l’une des plus grandes sources d’exportation du Mexique : les piñatas.

Hawaï

Jusqu’à maintenant, Hawaï était le seul état américain qui n’était pas couvert par Streetview – mais Google a maintenant corrigé le tir avec la couverture de l’île principale. Ici, on peut voir sous une bâche bleue le cockpit avant de l’avion utilisé dans le premier épisode de Lost – qui a été tourné dans le coin…

Pays-Bas

Les Pays-Bas avaient déjà une très bonne couverture StreetView, mais la mise à jour y ajoute les villes d’Utrecht, La Hague1, Eindhoven, Den Bosch, Tilburg, Leeuwarden, Apeldoorn, Deventer et Amersfoort!

Ce qui signifie que l’on peut admirer les cubes de Kubuswoning depuis le sol (voir notre article précédent à ce sujet):

Les moulins à vent très prisés des touristes à Kinderdijk ont été capturés par le vélo spécial de Google:

Espagne

Enfin en Espagne, qui était pas trop mal couverte, les rues bleues recouvrent quasiment tout le pays. Les mises à jour s’étendent même autour des îles Canaries, avec Majorque, Grande Canarie et Ténérife.

Voici le Musée Guggenheim de Bilbao, avec encore une nouvelle araignée géante:

Vous avez trouvé des choses intéressantes ? Laissez nous un message dans les commentaires !


  1. Où l’on avait trouvé notre première adepte du bronzage seins nus

Weekend à Dublin

Posted by Julien Gremillot, Lundi, 16 novembre 2009

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Pour une fois, je n’aurais pas trop de retard sur l’actualité si je vous propose aujourd’hui un week-end à Dublin, la ville d’où reviennent les bleus – avec une victoire !

Nous commençons la visite tout naturellement par l’Aéroport de Dublin qui dispose de chouettes rampes d’accès (bon ok, elles sont sans doute plus cool depuis le sol).

dublin_aeroport

Sur notre route vers Dublin nous passons devant un gigantesque stade dont vous n’avez pas pu manquer d’entendre le nom : Croke Park, un stade de 80.000 places où l’on joue au football, mais aussi à d’autres sports plus exotiques comme le football gaélique ou le hurling. Le plus étonnant dans ces sports locaux, c’est que même devant 80.000 spectateurs, les joueurs ne sont pas payés car ils sont totalement amateurs.

dublin_croke_park

Croke Park a surtout gagné en activité depuis le début des travaux de reconstruction du nouveau Aviva Stadium (ex Lansdowne Road) et accueille aussi du rugby. Ci-dessous à gauche une vue “avant les travaux” datant de 2005 et à droite la vue actuelle “en cours”.

dublin_travaux

Dans le centre de Dublin, nous passons devant le Trinity college, la plus ancienne université d’Irlande. Fondée en 1592 et donc relativement jeune par rapport à d’autres établissement du Royaume-Uni et d’Irlande, elle fût tout de même la première du lot à accepter les femmes, en 1904. Le Trinity College abrite aussi le Livre de Kells, en exposition permanente à la bibliothèque de l’université.

dublin_college

Après cet intermède culturel et quelques guinness, nous remarquons tout de même au loin la Spire of Dublin dont nous vous avons déjà parlé sur GSS, et passons par le parc de St. Stephen’s Green, qui comporte un aménagement intéressant en forme de trèfle à quatre feuilles.

dublin_parc

Pour bien finir la soirée, nous passons par la Guinness Storehouse, un bâtiment de sept étages dédié à l’histoire, la publicité et (plus important) la consommation de Guinness. Le cercle au centre de la photo satellite est le toit de verre d’un énorme espace circulaire faisant toute la hauteur du bâtiment, que vous pouvez apprécier sur la photo d’Alex, notre rédacteur-fondateur de GSS-VO.

En repartant, nous dépassons la Christ Church Cathedral, la plus ancien bâtiment de Dublin, qui est là sous une forme ou une autre depuis 1038. La cathédrale détient aussi le record du nombre de cloche qui sonnent sur un même cercle. Ça en fait quand même 19 ! Cette autre photo d’Alex est orientée au nord, et permet de constater que l’église a été construite par-dessus la route.

dublin_cathedrale

Voilà, j’espère vous avoir fait faire une bonne petite visite de Dublin, un peu plus générale que son fameux stade !

Merci à Tiernan O’Toole, Mark, David Knighton, Frank Smyth, Steve Hogarty, Doug Hawkins, Buzzzzz, AlaskaFox, Martin Sinnott et les gens de Whitespace!

Les 20 ans du Mur de Berlin

Posted by Julien Gremillot, Vendredi, 13 novembre 2009

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Lundi dernier, vous n’avez pas pu manquer d’entendre parler de la célébration d’un évènement historique ayant eu lieu le 9 novembre 1989 en Allemagne : la chute du Mur de Berlin.

Quelques temps avant la chute, la Hongrie et la Tchécoslovaquie avaient assoupli les contrôles à leurs frontières, et des milliers d’allemands de l’est s’étaient envolés vers l’ouest en passant par ces pays. Puisque la division de l’Allemagne s’était affaiblie, décision fût prise d’ouvrir la frontière fermée pendant 28 ans.

L’ouverture devait avoir lieu le 17 novembre, mais pendant une conférence de presse le 9 novembre, un porte-parole du gouvernement a répondu au journaliste qui lui demandait quand les citoyens de RDA auraient la possibilité de se rendre à l’Ouest en bredouillant « autant que je sache — immédiatement ». Les Berlinois des deux côtés se sont alors massés autour du mur, débordant les gardes frontière qui ne savaient alors pas ce qui était en train de se passer, et le reste fait partie de l’Histoire.

wall1

La Porte de Brandebourg était un lieu symbolique de la chute du Mur. Pendant la Guerre Froide, la porte était isolée dans le “no man’s land” entre les deux murs – le principal à l’ouest et un plus petit à l’est. Aujourd’hui, la Porte de Brandebourg est située au coeur de la ville réunifiée et la position exacte du Mur est aujourd’hui marquée par une ligne de pavés incorporés à la route.

Brandenburg Gate Cobbles

A part ces pavés, il ne reste plus rien du Mur dans les environs, et nous allons donc maintenant vous montrer des endroits où on peut encore voir des restes de cette structure. Commençons dans le nord de la ville, dans le district de Pankow. Là-bas, le “no man’s land” se distingue nettement grâce aux arbres qui ont poussés suite au départ des gardes-frontière. Quelques petites sections du Mur s’élèvent encore à cet endroit, ainsi que quelques Blumenschalensperre – des barricades transformées en massifs de fleurs – un peu plus au sud.

Overgrown death strip Wall remnants flower

On peut aussi distinguer à de nombreux endroits les pistes utilisées pour patrouiller le long de la frontière. L’une des sections les mieux préservées est située sous la rue Schulzestrasse, où l’on peut toujours trouver les grands lampadaires qui éclairaient la zone interdite.

patroltrack

Sur la Bernauer Strasse, la frontière était constituée par les bâtiments du côté sud de la rue – les appartements étaient en Allemagne de l’est tandis que la rue elle-même était à l’ouest. C’était donc un lieu propice aux tentatives d’évasions, ce qui poussa les autorités à murer les fenêtres dans un premier temps, puis à évacuer les résidents et démolir leurs habitations. Aujourd’hui, le côté sud est toujours aussi désert, mais Bernauer Strasse abrite plusieurs mémorials au Mur. La Chapelle de la Réconciliation a ouvert en 2000 sur le site d’une ancienne église, qui resta isolée dans le no man’s land pendant des années avant d’être détruite en 1985. Juste de l’autre côté de la rue, on trouve le Centre de Documentation sur le Mur de Berlin.

Bernauer Strasse Chapel Documentation Centre

Non loin de là, la frontière serpente et tourne tellement qu’autour de la gare de Nordbahnhof, Berlin Ouest est en réalité à l’est de Berlin Est! Ici aussi, quelques traces du mur sont toujours visibles – celles-ci sont des parties du mur “hinterland”, la petit barrière derrière le mur principal.

Nordbahnhof wall

La plus longue partie du Mur encore debout est connue sous le nom de “East Side Gallery”, dont nous avons déjà parlé sur GSS. Les photos satellites se sont améliorées depuis l’année dernière, mais on l’apprécie toujours mieux depuis le plancher des vaches!

East Side Gallery East Side Gallery

On peut voir une autre grande section du Mur en bon état sur la Niederkirchnerstrasse, pas très loin du tristement célèbre Checkpoint Charlie (même si le checkpoint qu’on peut y voir aujourd’hui n’est qu’une reconstitution).

Niederkirchnerstrasse Checkpoint Charlie

Notre dernier spot de Berlin est une curiosité. Steinstücken, une communauté d’environ 200 personnes dans le sud-ouest de la ville, était autrefois une exclave de l’ouest entourée par la RDA. Quand le Mur fût construit, ses habitants se sont retrouvés complètement isolés, et ne pouvaient rejoindre le reste de Berlin Ouest qu’en passant par deux frontières. Cette situation dura 10 ans, après quoi un échange de terrains permis de rattacher la zone à l’ouest par un passage étroit. Même si le Mur a bien disparu, la frontière entre Berlin et Brandebourg suit toujours le même chemin tordu, et notamment cette bande d’à peine 20 mètres de large.

Steinstücken Steinstücken strip

Même si Berlin était la plus célèbre des villes allemandes divisées, ce n’était pas la seule. La frontière entre l’Est et l’Ouest passait aussi à travers des plus petites villes. Notamment à Mödlareuth, un petit village divisé entre la Bavière à l’ouest et la Thuringe à l’est. Un mur fût construit là-bas en 1966, cinq ans après celui de Berlin, et une petite portion en a été préservée en tant que musée de plein air, accompagné par un hélicoptère et quelques tanks.

Mödlareuth Helicopter

Comme vous vous en doutez, il y a encore plein de choses liées au Mur à voir dans Berlin, et nous pourrions y consacrer des dizaines d’articles. Mais heureusement, un chouette site allemand l’a déjà fait bien mieux que nous, avec une grande quantité de photos, de cartes et d’autres informations, accessibles via une interface Google Maps. Il n’est disponible qu’en allemand, mais même si vous n’y comprenez rien, il regorge de trucs à voir. Ne manquez pas non plus la fascinante section “Traces du Mur” sur le site officiel de Berlin.

Merci à nos rédacteurs Jenni et Cédric pour leurs contributions à cet article.

Argleton, la ville qui n’existait pas

Posted by Julien Gremillot, Jeudi, 5 novembre 2009

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C’est dans la campagne du Lancashire, au sud d’Ormskirk, que se situe la petite ville d’Argleton. Ou en tout cas, c’est ce que Google voudrait nous faire croire.

En zoomant plus prêt, on s’aperçoit qu’Argleton n’est pas vraiment une grande métropole. En fait, la ville a surtout l’air d’être composée d’un ou deux champs.

Roy Bayfield d’Ormskirk était tellement intrigué par ce mystère qu’il est allé jusqu’au centre d’Argleton juste pour vérifier qu’il n’y avait rien là-bas. Et il n’y avait vraiment rien.

Alors d’où vient Argleton ? Quelques-uns des 8.300 habitants d’Aughton pensent qu’il s’agit du résultat d’une mauvaise prononciation, mais les partisans de la théorie du complot ont une autre explication.

Les données cartographiques utilisées à cet endroit sont fournies par Tele Atlas, et il est de notoriété publique que les éditeurs de cartes y insèrent parfois des erreurs volontairement pour protéger leur droits de propriété intellectuelle. Ces erreurs prennent souvent la forme de “Trap Streets” (”rues pièges”) destinées à confondre les gens qui volent leurs cartes, mais est-il possible que Tele Atlas ait inventé une ville entière?

Dans le passé, l’ajout d’une ville fictive sur une carte n’aurait pas eu beaucoup de conséquence, mais à l’ère des contenus générés automatiquement, Argleton s’est vu construire une bonne quantité de fausse histoire1. Juste après avoir été ajoutée sur une carte, des listings automatiques ont été fabriqués, ce qui signifie que n’importe qui à la recherche d’informations sur cette ville pourrait penser qu’il s’agit d’une ville normale, avec ses emplois, ses hôtels et ses écoles.

Bien sûr, il reste une possibilité : qu’Argleton ne soit qu’une erreur de saisie. Il faut considérer qu’à quelques kilomètres au nord, Google a brillamment renommé une impasse en Dummy 1325.

Merci à Google Maps Mania pour nous avoir informé sur cette histoire, postée à l’origine par Mike Nolan de la Edge Hill University.


  1. Avant que l’histoire sur les agissements de Google n’apparaisse en premier sur les résultats de recherche. 

Vous vous sentez dépressif ?

Posted by Julien Gremillot, Mercredi, 4 novembre 2009

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Avec le retour de l’hiver et de ses longues nuits, la dépression vous guette ? La solution se trouve peut-être dans cette pilule géante surmontée d’un panneau “Don’t worry, be happy” (”Ne vous inquiétez pas, soyez heureux”) ?

prozac

Toyosaki

Posted by Julien Gremillot, Mardi, 3 novembre 2009

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Le manque d’espace au Japon a conduit à divers projets, dont l’émergence de Toyosaki, une surface de 160 hectares de terrain repris à la mer.

La zone de développement est située juste à l’extérieur de la ville de Tomigusuku, et vu la proximité de l’aéroport de Naha, ils ont utilisé la surface publicitaire disponible avec une gigantesque inscription en japonais qui signifie quelque-chose comme “A louer – Projet Toyosaki en développement”.

Plus d’informations ici (avec le prix des terrains si ça vous intéresse).

toyosaki

Merci à asteinmetz

Les Ponts à travers les Siècles

Posted by Julien Gremillot, Lundi, 2 novembre 2009

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L’invention de la route a rapidement été suivie par l’idée du pont, simplement parce qu’il n’est pas très agréable de voyager les pieds mouillés. C’est ainsi qu’à travers les siècles, de nombreux ponts furent construits. Il reste malheureusement très peu de chose des premiers ponts de bois.

Mais avec l’invention de l’arc voilà 3.000 ans, les choses s’améliorèrent, comme le prouvent les trois Ponts d’Arkadiko, construits par la Civilisation mycénienne à la fin de l’âge du bronze (autour de 1.200 avant J.C.), qui sont toujours là de nos jours – l’un d’entre eux étant encore utilisable.

Arkadiko Bridge, Greece

Encore mieux conservé, le pont de Tarr Steps est un pont en dalle de pierre du sud de l’Angleterre, qui date de 1.000 ans avant J.C.. Tarr Steps a été fait de dalles pesant plusieurs tonnes et certaines ont plusieurs fois été emportées à 50 mètres lors d’inondations, mais elles furent chaque fois remises en place sur leurs pieds.

Tarr Steps, Somerset, England

Avec l’expansion de l’empire romain et l’apparition des architectes et des ingénieurs, le ciment et le mortier arrivèrent à disposition. Les romains réalisèrent des routes pavées, des palais, des temples et des thermes1 dans tout l’Empire, ainsi que de gigantesques ponts pour leurs routes et leur eau. Beaucoup de ces viaducs et aqueducs sont toujours debout de nos jours.

L’un des plus célèbres aqueducs romains est le Pont du Gard, vieux de 2.000 ans mais comptant toujours 3 étages et une structure de 50 mètres qui conduit l’eau sur plus de 40 km jusqu’à Nîmes.

Pont du Gard, France

Avec quasiment le même âge, le Pont Saint-Martin s’étend par dessus le Lys avec un arc de plus de 30 mètres – l’un des plus grands de l’époque2. Le plus incroyable, c’est qu’il sert encore tous les jours !

Pont Saint-Martin, Valle D'Aosta, Italy

Après le départ des romains d’Europe (vers l’an 600), les grandes constructions connurent une sorte de récession, et ce n’est que quelques siècles plus tard qu’on célébra la construction du Pont Saint-Bénezet, plus connu sous le nom de Pont d’Avignon.

Pont Saint-Bénezet, Avignon, France

Pendant 500 ans, le Pont d’Avignon a été plusieurs fois détruit par de grandes inondations et de mauvaises réparations, pour être finalement abandonné en 1668. Aujourd’hui, il ne reste qu’un cinquième de sa longueur originale.

Le pont de 800 ans Swarkestone Bridge dans les Midlands d’Angleterre ne traverse pas seulement la Trent, mais aussi les marais environnants.

Swarkestone Bridge and Causeway, Derbyshire, England

Avec plus d’un kilomètre de long, le Swarkestone Bridge est le plus long pont de pierre d’Angleterre, utilisé quotidiennement par des centaines d’automobilistes. Il n’avait pas été prévu pour être autant utilisé, et commence tout de même à avoir besoin de réparations.

Avec l’augmentation des populations, le trafic s’est accru partout dans le monde. A Paris, ça a conduit Henry III à ordonner la construction d’un nouveau pont sur la Seine en 1578. Achevé en 1607, il fût nommé le Pont Neuf.

Pont Neuf, Paris

Ironiquement, le Pont Neuf est aujourd’hui le plus vieux pont de la capitale française. Toujours ouvert à la circulation du cœur de Paris, ce monument vieux de plus de 400 ans a supporté une moyenne de 10.000 voitures par jour jusqu’aux travaux de 2004. C’est aujourd’hui plus calme, mais il voit tout de même passer des centaines de véhicules quotidiennement.

Les ponts ont toujours été plus que des “trucs construits pour franchir des trucs”. Un grand pont a toujours été une démonstration de puissance et d’avancée technologique, utilisée notamment pour impressionner les pays voisins. C’est ainsi qu’on a pu voir se dresser des ponts impressionnants comme le Tower Bridge3 de Londres ou le Rialto de Venise.

Tower Bridge, London Ponte di Rialto, Venice, Italy

L’aspect d’un nouveau pont a toujours de l’importance de nos jours, malgré un certain manque d’ennemis à intimider. C’est surtout un motif de satisfaction pour les locaux et d’attraction pour les touristes.

Les matériaux de construction modernes confèrent une plus grande liberté dans les formes, pour la plus grande joie des architectes. C’est ainsi que l’on obtient des merveilles d’originalité comme le Gateshead Millennium Bridge et le déjà visité Wasserstraßenkreuz Magdeburg, qui permet à un canal de traverser un fleuve.

Gateshead Millennium Bridge, England Wasserstraßenkreuz Magdeburg, Germany

Aujourd’hui, les ponts s’étendent souvent sur plus d’un kilomètre sans toucher le sol. Ils bravent les tempètes et les tremblements de terre, grâce aux efforts des ingénieurs. Mais les matériaux modernes, malgré leurs formidables propriétés, n’ont sans doute pas la même espérance de vie que la bonne vieille pierre. Dans quelques milliers d’années, il serait intéressant de voir quels seront les ponts qui auront résisté aux côtés des constructions romaines et médiévales.

Nous adorons les ponts à Google Sightseeing, alors n’hésitez pas à parcourir notre Catégorie Ponts.


  1. Utilisant du chauffage au sol ou intégré aux murs voici plus de 2.000 ans

  2. Il a un ratio d’élévation de 3,3 (c’est à dire que pour 1 m. de hauteur, il progresse de 3,3 mètres), ce qui est exceptionnel pour l’époque. 

  3. Le nom vient de sa situation non loin de la Tour de Londres, et non de ses propres tours.