L'île de Pâques (Semaine des îles)

septembre 1, 2008 by

C’est la troisième année que GSS VO propose une “Island Week”, mais c’est bien sûr une première pour la version française. Nous allons donc vous proposer toute la semaine des articles principalement à propos des îles du monde entier!

Pour commencer la semaine en beauté, voici donc l’île de Pâques, ou Rapa Nui, une île isolée dans le sud-est de l’océan Pacifique située à quasiment 4.000 kilomètres du Chili continental. Il s’agit de l’une des îles habitées les plus isolées au monde, ainsi qu’un site archéologique fascinant.


Photo de Rano Raraku Moai (via mappic.org)

L’histoire du peuplement de l’île de Pâques a débuté à une époque située entre 300 et 1.200 ans avant J.C. lorsque des habitants des îles situées à l’ouest de là s’y sont installés avec des outils, des animaux et de quoi y rester pour de bon. Avec seulement 171 km2 de surface, l’île était à l’époque couverte de grandes forêts, et des cratères volcaniques retenaient l’eau de pluie – une caractéristique importante sur une île sans rivière.


Le volcan Rano Kau (Photo)

Entre 1.000 et 1.500 ans avant J.C., les Rapanui se sont lancés dans la construction frénétique d’énormes statues de pierre – les Moai, auxquels l’île de Pâques doit sa renommée mondiale actuelle. Ces visages énigmatiques représentent les ancêtres déifiés des insulaires, et avaient été placés principalement près de la côte, dos à la mer.


Moai de Ahu Nau Nau, Plage d’Anakena (Photo)

Les Moai ont été sculptés à partir de la roche volcanique de l’île1, et le plus grand faisait presque 10 mètres et 75 tonnes; leur production et leur transport sont considérés pour l’époque comme un remarquable travail.


Moai de Ahu Tongariki (Photo)

887 Moai ont été identifiés de nos jours, mais seulement un quart d’entre eux a pu atteindre la côte – presque la moitié des Moai sont restés sur un seul site appelé Rano Raraku, un cratère où 95% d’entre eux ont été sculptés. Le paysage est parsemé de 397 Moai – certains à moitié finis, certains à moitié détruits par l’érosion, et d’autres qui n’ont jamais été détachés de la paroi rocheuse.2


Le cratère Rano Raraku, Rano Raraku Moai (Photo)

Quand des explorateurs arrivèrent là au 18e siècle, les forêts de l’île avaient totalement disparu. On ne sait pas très bien si les Rapanui ont simplement utilisé tous les arbres pour la construction et le transport des Moai, ou si un autre facteur écologique a été impliqué, mais dans tous les cas les habitants étaient pris au piège, privés du bois nécessaire à la construction de canoës.

A partir de ce moment, l’ambiance s’est vite dégradée sur l’île : guerres tribales, épidémies de maladies européennes… C’est à cette période que la culture Rapa Nui a été oubliée, et à la fin du 19e siècle, seulement 111 indigènes étaient encore vivants.

Malgré tout, plusieurs milliers de descendants de ces 111 Rapanui vivent aujourd’hui sur l’île de Pâques – qui comporte à nouveau des forêts viables et la plus grande piste d’atterrissage de Polynésie (qui a été agrandie pour permettre un atterrissage d’urgence de la navette spatiale américaine). Les Moai ont aussi été restaurés, et l’un d’entre eux a même gagné des nouveaux yeux.


Moai à Ahu Akivi, particulier car loin de la côte et tourné face à la mer (Photo)

Plus d’informations sur l’Île de Pâques et les Moai sur la Wikipédia.

Merci à Josh, Adam, Reinhold et Didier.


  1. La plupart des Moai ont été sculptés en tuf volcanique, mais le British Museum de Londres possède le Hoa Hakananai’a, l’un des 10 rares Moai à avoir été sculptés en basalte, beaucoup plus dur. 

  2. Le plus grand Moai jamais sculpté est resté sur les flancs du cratère Rano Raraku, car avec ses 21,6 mètres de hauteur et ses 270 tonnes, il était certainement impossible à déplacer pour les Rapanui.